Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui je vais vous parler de mes récentes lectures. Comme je ne me suis pas livrée à cet exercice depuis l'an de grâce 1995, je vous conseille de ne pas vous
attendre à de fines exégèses.
Cet article aurait aussi pu s'intituler "Du danger de chercher toujours mieux".
Depuis un certain temps, j'entendais souvent parler des Piliers de la Terre de Ken Follett, sans trop savoir de quoi ça parlait. Il était dans ma sélection de trucs à acheter un jour sur le site
de la fnoc, sans plus, quoi. Un jour que je m'ennuyais ferme, je suis descendue à la librairie en bas de chez nous, pour acheter de quoi lire comme on achète de quoi manger un soir où on a la
flemme de faire la popote.
Les Piliers de la Terre.
1180 pages.
Dont je vous rappelle que je ne savais pas encore de quoi elles parlaient.
J'ai acheté les 1180 pages (non, merci, rien sur les frites), et je suis remontée pour les commencer tranquille.
Je l'ai fini même pas 15 jours plus tard, et comme il est de bon ton de dire quand on termine un gros pavé, j'en voulais encore. Ca raconte, grosso modo (parce que vous avez d'autres blogs à
lire), l'histoire des gens qui ont été impliqués dans la construction de la cathédrale (fictive, semble-t-il), de Kingsbridge, dans l'Angleterre du XIIème siècle.
Ce n'est pas une lecture difficile, les personnages ne sont pas extrêmement fouillés, mais on s'y attache. Les gentils sont gentils, et les méchants sont méchants, les coïncidences parfois
téléphonées en 3G+, mais bon, c'est ce qu'on appelle une lecture agréable, comme une série qu'on regarde tranquillou en mangeant devant la télé.
N'empêche qu'une fois que je l'ai refermé, j'en voulais encore. C’était dimanche ou j'avais plus de sous, il a donc fallu que je me rabatte sur les rayons de ma bibliothèque où il reste toujours
quelques trucs en attente.
C'est là que j'ai trouvé ça : les Etoiles de Compostelle d'Henri Vincenot, que m'avait prêté une amie il y a presque dix ans.
Tiens ? Une histoire de Compagnons du Devoir, bâtisseurs de cathédrales ? Il ne m'en fallait pas plus pour me mettre la puce à l'oreille, et me voilà partie sur les versants des monts de
Bourgogne avec Jehan le Tonnerre et ses nouveaux potes tailleurs de pierres.
Trois fois plus court que les Piliers de la Terre, mais trois fois plus dense, il y est question de la transmission du savoir (les vieux font faire des exercices de trigonométrie aux jeunes
pendant de longues journées de marche, schémas à l'appui), de passages secrets entre les civilisations druidiques, atlantes et romaines, de bains d'énergie tellurique sous les voûtes des églises
bourrées de bas-reliefs à double sens...
En lisant les Piliers de la Terre, j'avais cru que c'était simple comme bonjour de construire une cathédrale. Les termes techniques se limitaient à "truelle", "coffrage" et "mur". Alors que là,
ça y va sur les "doloires", les "herminettes", les "mailloches", et des tas d'autres mots que si ça se trouve ils ont été inventés exprès.
Mais quel livre ! Une écriture ronronnante, des odeurs, des aspérités, des vrais gens qui sentent sous les bras quand ils les lèvent vers le ciel.
Et puis, vers la fin, quelques Templiers, Pauvres Soldats du Christ, qui les encouragent à se rendre à Chartres pour accomplir leur Grand Oeuvre.
Et là, c'est le drame.
Fin du livre, je suis lancée à pleine vitesse dans les élucubrations druidiques de Vincenot, le symbole est une drogue, il m'en faut encore, du mystique, de l'enraciné, ma dose, n'importe
quoi...
...je ne croyais pas si bien dire…
Je redescends à la librairie parce qu'on est lundi ou que j'ai des sous.
En farfouillant, je tombe sur un roman à couverture bien lisse, intitulé Le Dernier Templier, par un certain [notez la locution un brin méprisante qui n'augure rien de bon] Raymond Khoury.
Je l'ai commencé, j'en suis à une centaine de pages, et c'est horrible.
Ca voudrait raconter comment les Templiers ont perduré depuis leur dissolution au XIVème siècle pour venir faire un coup d'éclat à New York, bon, je ne suis pas allée assez loin, mais j'ai tout
de même déjà rencontré l'agent du FBI super viril vieux beau avec un passé douloureux et sa coéquipière rouquine sculpturale à qui il ne faut pas en raconter rapport qu'elle a grandi avec quatre
frères et un papa militaire, mais n'oublions pas la jeune et jolie archéologue qui revient tout juste d'Abyssinie, et qui, comme de par hasard, se trouve sur les
lieux du crime au tout début du livre...
J'ai lu un commentaire quelque part qui m'a fait froid dans le dos : "Cé moin bi1 que le Da Vinci Code oO"! Damnation ! Moi qui m'étais fait une fierté de ne même pas trop savoir de quoi ça
parlait !
Alors voilà où j'en suis, prisonnière d'un nanar comme j'en ai rarement lu, condamnée que je suis à le terminer parce que je termine toujours un livre moi Môssieur, sauf une fois, un Houellebecq
qui a fini à la poubelle parce qu'il faut pas déconner.
Conclusion : si je continue comme ça, le prochain bouquin que je m’achèterai, ce sera Benjamin Gates et le Trésor des Templiers !!
OOoo-- !!!!! LacH ToN cOm !!!!!--ooOO